Film d'ouverture de la 62e Berlinale: Les Adieux à la Reine

Les Adieux à la Reine

Benoît Jacquot à fait l’ouverture de la 62e Berlinale avec l’histoire romanesque – le scénario est basé sur le roman de même nom de Chantal Thomas (prix Fémina 2002) – des trois derniers jours de Marie-Antoinette et Louis XVI à Versailles.

Film historique inscrit dans la modernité

Le directeur du festival international de Berlin, Dieter Kosslick, a justifié le choix de ce film pour l’édition 2012 en le présentant en résonance aux événements qui secouent le monde aujourd’hui, allant des révoltes arabes aux mouvements d’indignés dans les pays occidentaux. Il aime également à faire remarquer que la projection de Les Adieux à la Reine correspond à deux jours près à la chute du président égyptien Hosni Moubarak. Si le spectre définit par Dieter Kosslick semble généreusement étendu, il est cependant vrai que la fin de règne de juillet 1789 fait étrangement écho aux fins de règnes des dirigeants arabes déposés pendant l’année 2011. Une réplique inspirée au moment de la panique qui commence à gagner la cour vient renforcer cette impression : « Attention, le peuple est une matière inflammable ». Benoît Jacquot voulait faire un film qui « parle le plus possible au spectateur d’aujourd’hui. Même si tout se passe dans un lointain passé, le fait de partir de l’intimité des gens, d’être au plus proche des choses quotidiennes permet cette proximité avec le spectateur ». Effectivement, le point de vue pris par le cinéaste, celui de la lectrice de la reine, jeune fille parfaitement anonyme et sans importance à la cour que celle d’avoir accès à la reine tous les jours, pouvant donc parfaitement jouer le fil rouge, le révélateur des émotions du personnage principal, Marie-Antoinette, et le vecteur explicatif des événements historiques, permet l’empathie temporelle. Malheureusement, cette perspective comporte une limite, et de taille : Sidonie, la jeune lectrice de la reine, perd au fil de l’histoire son identité propre pour ne plus être que l’instrument du réalisateur lui permettant de dérouler son film.
Concernant la correspondance avec les événements du monde, le cinéaste insiste sur le faite que « les fins de règnes se ressemblent : ceux qui ont le pouvoir s’y accrochent nécessairement comme s’ils ne pouvaient faire autrement, et ceci d’où qu’ils viennent. Les derniers jours de panique, de naufrage ont des traits communs. »

Benoît Jacquot, cinéaste qui aime filmer les femmes et surtout l’un des rares à leur donner des rôles de premier plan, a permis à Léa Seydoux de se révéler dans un grand rôle, à Diane Kruger de montrer enfin son jeu d’actrice après tous ses rôles dans de grandes productions trop souvent cantonnée au faire-valoir, à Virginie Ledoyen…d’être présente à nouveau à la Berlinale (The Beach – 2000, Huit Femmes – 2002) même si à chacune de ses apparitions dans le festival, à l’instar de sa carrière, son rôle s’amenuise. À ce propos, voilà ce que les actrices en disent :
Léa Seydoux : « Benoît tourne avec un amour tendre les femmes. »
Diane Kruger : « Il propose des rôles complexes aux femmes. Je me suis sentie accueillie. »
Virginie Ledoyen : « Il filme les femmes avec beaucoup de désir et d’envie».

Un film qui aura un certain succès public mais ne restera pas dans les annales du cinéma.

Malik Berkati

De Benoît Jacquot ; avec Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen, Noémie Lvovsky, Xavier Beauvois, Michel Robin ; France, Espagne ; 100 min.

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Rédacteur en chef j:mag

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