Dernier jour de la compétition: un joli film autrichien en lice – Macondo

En ce dernier jour de compétition, trois choses ressortent de cette 64e édition du festival du film international de Berlin : les films ont tendance à s’allonger, il y a une violence parfois extrême qui explose dans les histoires quel que soit la région du monde d’où elles proviennent, il y a un effort parmi les réalisateurs concernant la cinématographie – rarement autant de films peuvent être candidats à l’obtention de cette distinction récompensée par un Ours d’argent.
Résultats samedi soir !

Macondo

Ce nom vous rappelle la ville imaginaire de Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez ? Et bien vous pouvez y voir à la fois un hasard et un lien. Hasard car la réalisatrice a choisi ce titre non pas en référence au livre de García Márquez mais parce que c’est le nom donné au lotissement dans lequel se déroule l’action de son long-métrage. Lien car ce lotissement dans la banlieue de Vienne a été depuis les années cinquante un des passages des réfugiés qui arrivent en Autriche, de nos jours en majorité des Tchétchènes, Somaliens et Afghans. Ce sont les réfugiés Chiliens des années septante qui l’ont nommé ainsi.

La réalisatrice autrichienne , elle-même arrivée en tant que réfugiée à l’âge de 12 ans Autriche, nous offre un petit film intelligemment dirigé, simple dans sa facture mais précisément pas simpliste, évitant les clichés ou la dramaturgie trop lourde assénant des opinions bien tranchées. « J’ai pensé mon film comme un documentaire, c’est pour cela que je voulais des acteurs non professionnels. Je voulais qu’ils aient le même vécu que les personnages qui eux sont fictifs. J’avais bien entendu un scénario, mais je ne le leur ai pas donné. Nous avons tourné chronologiquement et chaque jour ils recevaient  le contenu des scènes, c’était pour laisser  beaucoup de place à l’improvisation. Ils ont pu ainsi construire leur jeu sur l’évolution de l’histoire et de leur personnage. » Le débat sur « l’intégration » tel qu’il a lieu en ce moment en Europe l’exaspère un peu : « ce qui m’énerve c’est que les gens débattent de ce sujet à partir d’un seul point de vue. Avec ce film, à travers les yeux de l’enfant, je voulais montrer un autre regard, une autre perspective, celle des questions que l’on peut se poser dans cette situation d’étranger quelque part, les problèmes auxquels on doit faire face. Dans ce film, la marge devient le centre et le centre la marge. » En ce sens, cette histoire n’est pas celle classique sur les réfugiés. Elle intègre les personnes dont on parle dans le débat.
Ramasan, 11 ans, orphelin de père, réfugié avec sa mère et ses deux petites sœurs de Tchétchénie, se retrouve avec beaucoup de responsabilités et de pression pour son âge : s’occuper de ses petites sœurs, soutenir sa mère dans la vie quotidienne familiale, trouver sa voie dans ce lotissement à l’environnement revêche, grandir et évoluer avec cette figure paternelle héroïque et omniprésente  dans sa vie.

Kheda Gazieva, Ramasan Minkailov - Macondo - © FreibeuterFilm

Kheda Gazieva, Ramasan Minkailov – Macondo – © FreibeuterFilm

De Sudabeh Mortezai; avec Ramasan Minkailov, Aslan Elbiev, Kheda Gazieva ; Autriche, 2013 ; 98 min.

Malik Berkati, Berlin

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Rédacteur en chef j:mag

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