La clandestine du voyage de Bougainville

Recension de Christine Gardon

La clandestine du voyage de Bougainville, de Michèle Kahn, éditions Le Passage, 2014.

Le 23 décembre 1766, Philibert Commerson, naturaliste et botaniste, embarque sur la flûte l’étoile. La frégate du comte de Bougainville, La boudeuse, a déjà quitté la France à la demande du roi Louis XV qui souhaite que les Malouines soient restituées aux Espagnols. Commerson s’engage dans l’aventure accompagné de son valet Jean Bonnefoy. Il compte bien découvrir des plantes et des peuples exotiques au cours de ce périple. En vérité, le valet est une femme, une jeune paysanne, Jeanne Baret, qui a décidé de se déguiser en homme pour pouvoir suivre son amant. Elle est passionnée par la botanique et ne veut pas être séparée de lui.

La clandestine de bougainville

Dans ce roman qui mêle habilement les faits historiques et la petite histoire, on peut regretter un excès de termes techniques, qui, s’ils sont expliqués en bas de page, gênent un peu la fluidité de lecture. Néanmoins, le récit de Michèle Kahn est envoûtant car il nous emporte dans un voyage autour du monde, dans des pays alors pratiquement inconnus ; il nous fait partager la vie de Jeanne qui doit chaque jour lutter pour jouer son rôle d’homme sur le navire.
Des Malouines au Brésil, de Tahiti à Samoa et l’Australie, le voyage est riche en rebondissements et en découvertes, tant des espèces végétales exotiques que des populations indigènes. C’est d’ailleurs au cours de cette exploration que Bougainville découvrira la plante qui porte son nom, le bougainvillier. Jeanne fait preuve d’un courage extraordinaire, se bat pour défendre son rôle de valet, pour prouver sa force et son courage, surtout dans les périodes difficiles, lorsque les vivres manquent sur la navire, qu’il subit des attaques de peuplades indigènes, que des marins meurent et sont jetés par-dessus bord, selon la coutume, mais en même temps, sa soif de connaissance, son amour des plantes (elle sait soigner par les simples) et de Commerson, lui donnent l’énergie nécessaire pour tout endurer. Elle prend soin de son amant, l’encourage et herborise avec lui. Ils récolteront des milliers d’échantillons de plantes, d’insectes, de coquillages, formant des collections inestimables. Et Jeanne fut la première femme à faire le tour du monde.

Christine Gardon

Les 8 et 9 juin 2014, Michèle Kahn participera au Festival international du livre et du film Étonnants voyageurs à Saint-Malo.

© j:mag Tous droits réservés

Advertisements

About malik berkati

Rédacteur en chef j:mag

Laisser un commentaire

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Changer )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Changer )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Changer )

Connecting to %s

%d bloggers like this: