Berlinale 2016 – QuoteS of the Day #9: Gérard Depardieu

Aujourd’hui, on devrait parler de citation au pluriel et de longues citations, tellement l’acteur est prolixe en la matière. Il a dû être tailleur dans une précédente vie, au regard du naturel, de la facilité et du talent qu’il a lorsqu’il s’agit de tailler des costards! Il est présent à la Berlinale pour le film de Benoît Delépine et Gustave Kervern, Saint-Amour, présenté hors compétition. Une critique suivra ultérieurement lorsqu’il sera visible en Suisse. Florilège:

Sur la comédie à la française:

La comédie en France j’en vois pas beaucoup, cela ressemble un petit peu à des comédies de télévision. C’est pour les jeunes et très jeunes, ou des contes comme Alladin, apparemment cela fait rire les jeunes. Non la comédie comme en faisait Michel Audiard ou Francis Weber, il n’y en a plus beaucoup et là je suis très heureux que Benoît Delépine et Gustave Kervern puissent faire rire mais dans un comique de situation. (…). C’est un vrai film de comédie réussie comme Mammuth était un vrai film politique mais de manière agréable. (…). Dans les deux films il s’agit à la fin de se retrouver avec l’amour.Ils ne cherchent pas à faire des effets, comme ce que l’on voit dans la majeure partie des comédies françaises. Il reste des grands films mais les distributeurs n’en veulent pas. Ils veulent suivre le goût du public. Enfin j’arrête là car je vais vous déprimer.

Sur Delépine et Kervern:

Ces deux ne se foutent pas de la gueule des gens. Ils n’ont pas d’autre mission que de dire certaines vérités. Car on vous montre à la télé, quand vous mangez, quelques infos sur la Syrie, les réfugiés. On n’a plus du tout de sensibilité. Et puis derrière, 3-4 journalistes crasseux en remettent une couche et après on est paumés.

Sur les festivals:

Je suis très heureux d’être là et c’est frai qu’à Berlin il y a un grand festival, comme à Toronto, comme à Sundance, j’en dirais pas autant de Cannes, parce que c’est vrai que cela a bien changé. Avant il y avait la momie, Gilles Jacob, en haut des marches, maintenant c’est Pierre Lescure et Thierry Frémaux, donc c’est pas pareil. C’est pas pareil et le cinéma non plus. Allez, merci, à bon entendeur, salut!

Gérard Depardieu © Malik Berkati

Gérard Depardieu
© Malik Berkati

Sur le cinéma:

Je ne veux pas lécher le cul de Berlin mais c’est un festival avec une très grande palette de films ce qui représente un peu ce que je pense de ce métier. Plus ça va moins les films m’intéressent, plus je trouve les histoires que l’on raconte au cinéma anecdotiques et fausses. Ce qui m’intéresse dans le cinéma, c’est les émotions et ce qu’il se dégage de certaines situations. C’est un peu comme en littérature. Je me situerais davantage du côté de Peter Handke que de Bernard-Henri Lévy ou Finkelkraut et les soi-disant philosophes. (…) C’est vrai que maintenant je n’ai plus vraiment envie de raconter des histoires mais simplement envie d’exister dans un monde qui nous appartient, dans la même famille [ici Delépine et Kervern, N.d.A.]. Ce sont deux très beau films et je suis heureux qu’on les aient montrés ici [Mammuth avait aussi été présenté à la sélection officielle de la Berlinale en 2010, N.d.A.] avec vous, j’ai vu aussi un très bon public, sensible aussi. (…) On verra bien les critiques, mais les critiques c’est pareil, bon on va pas s’amuser à dégueuler sur les critiques, ils font leur boulot. Mais c’est vrai que dans ce film il y a un peu de joie et un peu de vérité, ça change un peu de ce qu’on nous montre en général au cinéma. Parce que quand je prends les Oscars avec Les Revenants, avec les caravanes derrière, la chaleur et tout ça, et puis allez vous mettre de la boue, de la merde – je suis sûr que la merde est parfumée, on est tous dans une boue qui est parfumée, pas froide mais chaude. C’est un confort fabuleux le cinéma. Et bien moi j’aime les choses qui ne sont pas confortables.Enfin pas confortables bien que je gueule tout le temps sur un film, toujours je commence par dire non. NEIN! Sans moi. (…) Je suis toujours contre. Maintenant je dis, les Oscars ils sont pénards avec nous, parce qu’on ne va pas les déranger. On est beaucoup trop sales pour eux.

Sur la politique:

Comment ne pas se sentir plus russe que français avec le président que l’on a en France? Mais je ne veux pas faire de politique ici, j’en ai rien à foutre. Mais c’est vrai que j’ai beaucoup d’admiration pour Vladimir Poutine et pour ce qu’il fait pour la population russe. N’en déplaise à certains intellectuels français, y compris mes amis parfois, qui me font des reproches dont je n’ai rien à foutre, parce que je sais ce que je vis et ce que je vois. J’ai aussi en Russie des gens qui sont contre moi, qui sont contre la facilité avec laquelle le président Poutine m’a donné un passeport. Et en général, ce sont des gens qui se disent opposants. Je leur dis, vous voyez qu’il y a une opposition puisque vous en êtes et que vous êtes aussi opposés à moi. Enfin bref.

Malik Berkati, Berlin                                      

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