Berlinale 2017: la chasse à l’Ours d’or est ouverte!

Potsdamer Platz © Malik Berkati

Potsdamer Platz
© Malik Berkati

Après une année 2016 collectivement difficile dans toutes les régions du monde, le cinéma se fait, comme il se doit, le reflet de l’état de l’humanité mais, si on en croit la programmation de la 67è Berlinale (9-19 février 2017), en l’abordant avec beaucoup d’humour et d’ironie – ne sont-ils pas en effet la politesse du désespoir? comme l’avait un jour suggéré le réalisateur Chris Marker. Pour le directeur du festival Dieter Kosslick, l’apport essentiel de ces films est de ne pas se contenter de faire un simple constat mais d’ouvrir les yeux et une fenêtre sur des perspectives menant à d’autres chemins à suivre.
Citant le poète allemand Friedrich Hölderlin – « Mais là où est le danger croît aussi ce qui sauve» – Dieter Kosslick en appelle à remplacer les grandes utopies qui ont marqué le 20è siècle et amené au désenchantement du monde globalisé par des petites utopies, puisque selon lui « sans utopies nous ne pourrons pas réussir ce monde », pour lutter contre le spectre qui plane sur ces temps troublés. Le programme de toutes les sections revient donc, à travers des biographies, sur des personnalités (Django Reinhardt – qui fait l’ouverture du festival -, Giacometti, James Baldwin, Karl Marx, Garcia Lorca, Joseph Beuys, entre autres) qui ont marqué leur temps mais expliquent beaucoup du nôtre.
Autre thématique qui traverse les sections: les structures familiales, qu’elles soient pesantes ou vitales pour la survie, selon les régions et les situations filmées. La solitude, tel un corolaire à la thématique familiale, se présente sous le même jour: subie dans des sociétés perdant le lien aux autres, recherchée dans celles où l’individu à peine à s’affirmer face/au sein du groupe.
La Berlinale a toujours fait la part belle aux documentaires – l’année passée Fuocoammare de Gianfranco Rosi sur les réfugiés et habitants de Lampedusa avait remporté l’Ours d’or – mais cette année leur nombre est exceptionnel: 92 films sur les 399 projetés! Cela sera l’occasion de voir un genre qui se renouvelle, avec des documentaires-essais, des documentaires narratifs, ceux de (très) longue durée à côté des documentaires classiques.
La section Retrospektive, dans la même veine que le reste du festival, a concocté un très beau programme de films de science-fiction qui nous ouvre une fenêtre sur le Retour vers le futur qui nous ramène à notre réalité extrêmement bien captée par ces cinéastes (souvent bien épaulés par la littérature) qui imaginaient la société du futur et les rapports des êtres humains avec l’altérité.
Très peu de stars cette année sur la Potsdamer Platz, mais tout de même quelques vedettes fouleront le tapis rouge: Richard Gere (The Dinner d’Oren Moverman), Ewan McGregor (dans le très attendu T2 Trainspotting de Danny Boyle), Catherine Deneuve (Sage femme de Martin Provost), Penélope Cruz et Hugh Jackman (Logan de James Mangold), Ethan Hawke (Maudie d’ Aisling Walsh) ou Robert Pattinson (La cité perdu de Z de James Gray).
Cette année, le cinéma suisse est très peu représenté, si ce n’est en coproductions minoritaires, mais la qualité est au rendez-vous avec principalement deux films de genre, un documentaire (Ghost Hunting de Raed Andoni sur le principal centre d’interrogation israélien Al-Moskobiya) et un thriller psychologique (Tiere (Animaux) de Greg Zglinski). Ces deux films remarquables démontrent que si les productions nationales ne jouissent pas d’une grande considération dans l’espace culturel suisse, cela ne tient certainement pas  au manque de créativité de ses cinéastes !

Comme chaque année, vous trouverez en ligne notre compte-rendu quotidien de la compétition et quelques critiques de films des sections Panorama et Forum. Vous pouvez également interagir avec nous à travers notre compte Twitter @jmagCH, et comme les 6 dernières années, y proposer des questions à poser à certains réalisateurs que nous rencontrerons.

Sous la présidence du réalisateur néerlandais Paul Verhoeven, la chasse à l’Ours d’or 2017 est donc ouverte!

https://www.berlinale.de

Malik Berkati

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Rédacteur en chef j:mag

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